Approfondissement sur le PIB : le déflateur et la parité pouvoir d'achat (PPA)

Après avoir défini ce qu’est le Produit Intérieur Brut (PIB)[1], ses modalités de calcul et les limites quant à son évaluation[2], intéressons-nous ici sur des points particuliers qui impactent la détermination de l’indicateur macroéconomique le plus commenté : le déflateur du PIB, l’utilisation du PIB, la parité pouvoir d’achat.

Le déflateur du PIB

 

Le PIB est une mesure de la création de richesses représentée par la somme des valeurs ajoutées générées par les entités productives. Cette somme est exprimée en termes monétaires, sur base des quantités produites. Le PIB est ainsi la multiplication de tous les biens et services créés sur une période donnée avec leur prix.

 

A prix courants, soit sans retraitement, le PIB peut évoluer suite à une variation des prix. Sauf que seule la croissance des volumes produits correspond à une création de richesses. Une hausse des prix n’est pas de la richesse qui croît, mais du pouvoir d’achat en moins toutes choses égales par ailleurs. Ainsi, pour identifier réellement la croissance de la production, il faut annuler tout effet de variation imputable aux prix pour ne retenir que les évolutions inhérentes aux quantités produites.

 

La neutralisation de l’effet prix dans la variation du PIB conduit à transformer le PIB nominal (PIB valorisé au prix de l’année, en prix courants) en PIB réel (PIB valorisé au prix de l’année de base retenue, en prix constants). Autrement dit, le PIB réel en retenant des prix cristallisés selon une année de référence ne peut varier que selon les quantités, les prix restant identiques d’une année sur l’autre.

 

Le rapport entre le PIB nominal et le PIB réel correspond au déflateur du PIB. Cet indice permet d’apprécier l’effet prix sur la période considérée. A noter que plus l’écart est important entre le PIB nominal et le PIB réel, plus cela signifie que l’impact des prix sur l’économie est élevé. L’indice des prix à la consommation est cependant préféré pour l’analyse de l’inflation (ou déflation) au déflateur du PIB car ce dernier porte sur la production et non sur les produits consommés. En outre, l’indice des prix à la consommation est établi selon une périodicité plus courte que le déflateur, soit mensuellement au lieu du trimestre pour le PIB.

 

La valorisation du PIB à prix constant repose sur les prix d’une année de base. Mais cette référence au fil du temps devient obsolète compte tenu de l’évolution des habitudes de consommation et du progrès technique sur les produits. Les prix de l’informatique par exemple sont difficilement cristallisables selon une année de base du fait de leur caractère très évolutif. Pour dépasser cette difficulté méthodologique, la Comptabilité nationale en charge des mesures macroéconomiques retient une évaluation dite à pondération en chaîne. Avec cette approche pondérée, les prix retenus pour le calcul du PIB de chaque année seront ceux constatés en N-1.

 

L'utilisation du PIB

 

En plus de calculer le PIB chaque année, la Comptabilité nationale nous renseigne sur sa composition, sur la façon dont le PIB est dépensé. On distingue ainsi quatre composantes :

  • la consommation : ensemble des biens et services achetés par les ménages. Il s’agit de la consommation finale, et non intermédiaire (achats entre entités productives) qui est prise en compte dans le calcul de la valeur ajoutée ;
  • l’investissement : achats de biens destinés à une utilisation future, contrairement à la consommation. On distingue trois types d’investissement : l’investissement fixe des entreprises, l’investissement résidentiel des ménages, les stocks des entreprises. Les investissements sont également désignés selon la terminologie suivante : Formation Brute du Capital (FBF) en distinguant ce qui est fixe (matériel pour l’essentiel) et ce qui est variable (stocks). La Comptabilité nationale retient d’ailleurs le terme de capital au lieu d’investissement car ce dernier englobe également les actifs financiers qui ne sont pas une composante du PIB. Le terme Brut signifie que l’on ne déduit pas ici l’amortissement du capital fixe ;
  • les dépenses publiques : biens et services achetés par les pouvoirs publics et les administrations. Sont exclus les transferts de revenu vers les ménages au titre des prestations sociales ;
  • les exportations nettes (NX) : ensemble des échanges entre un pays et le reste du monde. Si les exportations (ventes réalisées par les résidents vers l’étranger) sont supérieures aux importations (achats réalisés par les résidents à des non-résidents), les exportations nettes sont positives ; et réciproquement. Les exportations nettes représentent ainsi les dépenses nettes du reste du monde dans l’économie nationale.

Les données de la comptabilité nationale à propos du PIB français et de ses composantes sont les suivantes :

 

La parité pouvoir d'achat (PPA)

 

La PPA est utilisée pour réaliser des comparaisons entre les pays en matière de PIB. Pour procéder ainsi, il est nécessaire de déterminer le PIB par habitant de façon à neutraliser les effets relatifs aux écarts démographiques. Cette neutralisation n’est cependant pas suffisante. Les écarts de niveau de vie doivent également être retraités de façon à identifier uniquement les créations de biens et de services d’un pays à l’autre, sans impact lié à un différentiel de prix. D’où l’emploi de la PPA qui consiste à valoriser le PIB d’un pays sur les bases du niveau de vie du pays identifié comme référent.

 

Le pays référent est désigné comme le pays pivot. On identifie un panier de biens et services communs entre ce pays pivot et les autres Etats. Ce panier est valorisé selon les prix de chacun des  pays. Est ensuite calculé le ratio de prix, soit le rapport entre le prix du panier dans le pays analysé et le prix du panier dans le pays pivot. Le PIB de chaque pays est ensuite divisé par le ratio de prix qui lui correspond, c’est-à-dire la PPA.

 

Attention à ne pas confondre la PPA avec le taux de change. Ce dernier reflète la valeur d’une monnaie par rapport à une autre, laquelle valeur n’est pas seulement fonction d’écart de niveau de vie entre pays mais également de l’état du marché des changes, de considérations politiques, voire géopolitiques.

 

Les PIB retraités de la PPA sont calculés par l’OCDE. Les Etats-Unis sont à ce jour le pays pivot.

 

(1) Cf Article : Définition et calcul du Produit Intérieur Brut (PIB)

(2) Cf Article : Le PIB mesure-t-il le bien-être ?

 

 

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