Définition et calcul du Produit Intérieur Brut (PIB)

Les indicateurs comme outils de la macroéconomie

La macroéconomie est une science qui vise à décrire, comprendre, anticiper, le réel économique. Comme dans toute démarche scientifique, elle procède par observation et par théorisation, de façon déductive et inductive. En outre, en plus de la méthode, le macroéconomiste dispose d’une boîte à outils dans laquelle on trouve notamment des indicateurs. Ces derniers sont des données synthétiques, agrégeant une réalité macroéconomique pour mieux la saisir et l’exploiter à des fins prévisionnelles. Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un de ces indicateurs, certainement le plus connu de tous et le plus discuté. L’étude présente a pour objet d’en faire une présentation détaillée et de livrer les critiques quant à la façon de le calculer et de l’exploiter.

  

Pourquoi le Produit Intérieur Brut ?

 

Le PIB est un indicateur qui mesure les richesses créées par l’homme grâce à ses activités productives. La nature ne satisfaisant pas tous les besoins de l’être humain, celui-ci depuis des milliers d’années s’est mis à produire, à transformer la matière pour répondre à ses envies. La production est donc culturelle, à la source des échanges économiques entre les hommes jusqu’à la consommation et qui se traduisent par des transactions monétaires. Au sens macroéconomique, le PIB mesure la richesse créée grâce aux échanges économiques et valorisables avec les transactions monétaires.

 

Mais comment mesure-t-on le PIB ?

 

Le PIB est déterminé à partir de la comptabilité nationale, selon un cadre normatif régissant un ensemble de techniques. L’agrégation des données pour le calcul du PIB obéit donc à des règles précises, cette règlementation étant indispensable pour que des comparaisons puissent ensuite être opérées dans le temps et dans l’espace.

Compte tenu que le PIB est représentatif de l’ensemble des flux dans le circuit économique, il peut être calculé de trois façons différentes sur une même période, le plus souvent trimestriellement puis annuellement :

  • selon la production : le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées générées par les entités productives (pour l’essentiel il s’agit des entreprises de biens et services, des administrations). A cette somme on ajoute les impôts sur les produits et l’on retranche les subventions sur ces mêmes produits ;
  •  selon la dépense : le PIB correspond à la totalité des dépenses réalisées par les agents économiques, soient les dépenses de consommation et d’investissement auxquelles on intègre les exportations (dépenses réalisées par le reste du monde concernant les produits et services nationaux) nettes des importations ;
  •  selon le revenu : le PIB est ici l’addition des rémunérations versées aux salariés, des excédents bruts d’exploitation réalisés par les sociétés, des revenus mixtes bruts perçus par les entreprises individuelles, des impôts sur la production et les importations. A cette somme sont déduites les subventions.

Le PIB est ainsi un indicateur incontournable en permettant de mesurer à la fois le revenu global d’une économie généré par la création de richesses et la façon dont ce revenu est dépensé.

Le PIB représente l’ensemble des flux économiques. Ce n’est dons pas une vision patrimoniale. Par comparaison, il est possible de considérer le PIB comme le résultat comptable d’une entreprise, ce résultat contribuant à l’accroissement du patrimoine privé dont le bilan en est la représentation.

 

Quelques précisions sur la mesure du PIB

 

En partant de la production, le PIB est la somme des valeurs ajoutées réalisées par les entités productives. Cette valeur ajoutée est la différence entre la production (chiffre d’affaires) et les consommations intermédiaires (matières, achats et charges externes) nécessaires à la fabrication des biens et à la réalisation des services. La création de richesses correspond donc à la valeur ajoutée et non à la production brute, ceci pour éviter les doublons dans le calcul. En effet, la production de certaines entités correspond aux consommations intermédiaires d’autres agents. En outre, la mesure du PIB repose sur les règles suivantes :

  •  il n’est pas tenu compte des biens usagés. Le PIB mesure la création de richesses, non le total des ventes réalisées. La création de valeur ne concerne pas les biens d’occasion. Par contre, les entrées en stock sont une composante du PIB, s’agissant d’une production sur la période de calcul ;
  • les biens et services produits sont valorisés à leur prix de marché, soit la quantité de monnaie que sont prêts à donner les agents pour acquérir le bien ou le service, ou alors ce que les vendeurs sont prêts à recevoir pour leur vente. Pour les biens et les services qui ne sont pas présents sur un marché, comme les services publics, c’est leur coût de production qui est retenu pour le calcul du PIB ;
  •  toutes les activités productives ne sont pas prises en considération. En effet, ne sont pas incluses dans la détermination du PIB les valeurs générées par des activités illicites, ainsi que celles dissimulées parce qu’illégales ou pour échapper à l’impôt (économie souterraine).

 

Le PIB comme mesure imparfaite

 

La mesure du PIB n’est pas parfaite, elle est d’ailleurs sujette à des critiques[1]. Elle n’en est pas moins nécessaire puisque le PIB, en reflétant la création de richesses d’une économie, sert au calcul du taux de croissance et permet des comparaisons dans le temps et dans l’espace, selon les périodes et les territoires. Le PIB est ainsi un indicateur essentiel de pilotage en matière de politique économique. Toute décision nécessite des jalons pour en mesurer le bien-fondé…ou l’inefficacité.

 

[1] Cf Article : Le PIB mesure-t-il le bien-être ?

 

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