L'audit contributeur à la valeur ajoutée de l'organisation

L'audit interne, composante de la chaîne de valeurs

Qui a un peu d’expérience en tant qu’auditeur, que ce soit interne ou externe, se sera entendu dire au moins une fois que l’audit n’est qu’un centre de coût pour l’organisation. Que cette remarque soit prononcée sans animosité ou qu’elle soit une critique volontairement adressée à l’auditeur, dans les deux cas elle est erronée. Toutes les fonctions d’une organisation contribuent en effet à la création de valeur ajoutée. L’audit, comme les métiers du contrôle, ne font pas exception. Créer des frontières indépassables entre les directions de l’organisation à partir des notions de profit et de coût n’a guère d’utilité et surtout conduit à des considérations improductives…Ce qui distingue les métiers, c’est leur degré d’intervention et leur positionnement dans la chaîne de valeurs permettant à l’organisation de marger. L’audit interne appartient à cette chaîne au même titre que toute autre direction opérationnelle, avec certes quelques particularités comme de préserver son indépendance au sein même de la structure qui l’emploie.

 

Une définition de la valeur ajoutée

 

Avant de conclure sur le fait qu’un métier participe ou pas au développement de la valeur ajoutée, encore faut-il s’entendre sur ce qu’est la création de richesses générée par une organisation. Il existe bien une définition comptable de la valeur ajoutée. Celle-ci correspond aux produits des ventes déduction faite des achats et autres charges externes engagés pour réaliser le chiffre d’affaires. Si l’on s’en tenait à cette vision de la comptabilité, aucune direction au sein de l’organisation ne pourrait être considérée comme exclusivement contributive de valeur ajoutée ! Chacune d’elle en effet induit des frais, dont les charges de personnel, qui ne sont pas inclus dans le calcul de la valeur ajoutée. Bien-sûr, ce serait réducteur d’en rester à ce stade de réflexion. Même si la comptabilité enregistre toutes les opérations, elle ne dit pas tout. On préfèrera donc une approche économique pour cerner la valeur ajoutée, à savoir qu’elle est le résultat de qui est produit par une organisation et dont la valeur est supérieure au coût des moyens mobilisés pour permettre cette production. Autrement dit, l’organisation crée quelque chose dont les qualités dépassent celles contenues dans les ressources employées pour cette création et prises isolément.

 

Les leviers et l'environnement pour le développement de la valeur ajoutée

 

Le développement de la valeur ajoutée est fonction de leviers et de l’environnement. Les leviers sont multiples. Il peut s’agir d’innovation technique, d’investissement de productivité, de renforcement de la force commerciale, d’un accès plus optimal aux ressources financières ou naturelles, etc. L’environnement quant à lui porte sur les conditions nécessaires à la création de richesses. Certaines sont externes à l’organisation. Le contexte macroéconomique par exemple est un déterminant pour la progression des ventes, donc de la valeur ajoutée. On ne crée guère en effet de valeur sans marché porteur, tout comme sont nécessaires la sécurité, des infrastructures de qualité et des institutions pérennes pour la bonne marche des affaires. Sur ces impératifs, l’organisation seule n’a pas de moyen d’action. Par contre, en interne, elle peut développer les conditions d’un environnement favorable à la création de valeur ajoutée :

  • le déploiement d’une éthique pour la production de richesses dans le respect des lois et des règlements. Il ne s’agit pas de créer n’importe comment ;
  • le pilotage des activités à partir d’objectifs ambitieux et encadrés par un process budgétaire ;
  • la mis en place de dispositifs de contrôle interne. On ne crée pas en effet de richesse sans prendre de risque.

L'auditeur contributeur d'un environnement favorable à la création de valeur ajoutée

 

On l’aura compris, l’audit interne a toute sa place dans le développement d’un environnement favorable à la production de valeur ajoutée. L’éthique est un sujet d’audit récurrent  au regard de son impact sur la gouvernance de l’organisation. Ensuite, le pilotage des activités conduit à apprécier l’efficacité et l’efficience des ressources employées comparativement aux objectifs assignés. L’auditeur interne est ici également concerné puisqu’auditer consiste tout autant à s’assurer que les dispositifs engagés au sein de l’organisation sont efficaces, voire efficients, qu’à contrôler la conformité des opérations. Enfin, à propos de la maîtrise des risques pris pour créer de la richesse, l’auditeur est dans son jardin ! Dès lors, difficile de réduire l’audit interne à un centre de coût sans lui reconnaître la moindre contribution au développement de son organisation. Par contre, l’auditeur se gardera bien d’intervenir sur les leviers permettant un accroissement des affaires. Sans cette précaution, son indépendance, condition sine qua none pour l’exercice de son métier, s’en trouvera altérée.

 

 

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