Exploiter quelques recettes d'analyse financière et de contrôle de gestion pour auditer

Connaître la structure de coûts des activités et des métiers audités

La prise de connaissance d’une activité ou d’un métier représente une étape clé dans une mission d’audit en conditionnant la suite des travaux. Sur base des informations collectées et de sa compréhension du sujet, l’auditeur interne déterminera son programme de travail en conséquence, en plus des contrôles incontournables qui s’appliquent d’une mission à l’autre. Dans ce cadre préparatoire, connaître la structure des coûts concernant le sujet audité est pertinent. Cette démarche en effet permet à la fois de comprendre chiffres à l’appui, de prendre note du contexte dans lequel évolue l’activité ou le métier audité, d’identifier les éléments significatifs de ceux qui ne le sont pas, de cibler des contrôles sur des variations atypiques. Pour réaliser cette approche, l’auditeur interne peut volontiers emprunter à l’analyste financier et au contrôleur de gestion leurs sources d’informations pour ce qui concerne l’analyse des charges, tout en sachant que celles-ci sont principalement identifiées et présentées selon deux  catégories.

 

L'exploitation par l'auditeur des charges par nature

 

Réglementairement, pour la production des comptes annuels, les charges sont constatées par nature, soit selon ce qu’elles sont en soi, indépendamment de l’activité de l’organisation. C’est ainsi que l’on comptabilise les achats de matières premières, de marchandises, les approvisionnements en énergie, les frais généraux comme l’entretien, la maintenance, ou encore les frais de publicité, les charges de personnel, les impôts et taxes, les charges financières, etc. Cette catégorisation intéresse l’analyste financier et peut être exploitée par l’auditeur, qu’il soit interne ou externe. Elle permet en effet de calculer des ratios et d’établir des analyses riches d’enseignement, tant pour diagnostiquer que pour auditer. Citons :

  • la déduction du chiffre d’affaires des achats par nature. Cette opération conduit à mesurer une marge, laquelle est ensuite exprimée en % du volume d’activités pour être comparable entre organisations et aussi entre deux périodes. Ce taux est intéressant. Son évolution traduit soit une performance commerciale en cas de hausse, soit un effet de ciseau s’il s’agit d’une baisse. Pour l’auditeur, les variations de taux de marge le renseigne sur l’efficacité ou pas des process employés au regard des objectifs. De plus, un contrôle de cohérence est réalisable en comparant le taux de marge moyen avec les conditions de prix de vente et d’achat établies contractuellement. Tout écart significatif est un signal d’alerte pour l’audit nécessitant des travaux, qu’il s’agisse du commissaire aux comptes qui s’assure de la correcte comptabilisation des charges et des produits, que de l’auditeur interne vérifiant la conformité des opérations initiées au sein de son organisation par rapport aux contrats ;
  • le recensement des charges fixes afin d’analyser leur poids dans la structure de coûts de l’entité, leur évolution, leur absorption par le chiffre d’affaires. Comme pour le taux de marge, ces informations sont essentielles pour l’auditeur, interne et externe. Ces données lui permettent de mieux comprendre les activités et leur impact sur la profitabilité de l’organisation, mais aussi d’identifier le cas échéant, à partir d’une revue analytique, des variations nécessitant des travaux complémentaires.

L'exploitation par l'auditeur des charges par fonction

 

En plus de la comptabilisation des charges par nature, les coûts sont imputables par fonction, selon leur destination et non plus sur base de qu’ils représentent. Cette affectation est bien d’ordinaire réalisée par le contrôle de gestion pour lui permettre de disposer d’une vision par direction des charges supportées. Procédant de la sorte, les coûts sont déterminés par fonctions clés de l’organisation, comme l’approvisionnement, la production, le stockage, la commercialisation. L’auditeur interne peut alors s’appuyer sur ces calculs pour compléter son niveau d’informations sur les process. Ensuite, en affectant les charges réelles par fonction, il est possible d’évaluer l’efficacité, voire l’efficience, des directions comparativement aux engagements budgétaires. Enfin, cerner le coût des process et des métiers peut servir à apprécier l’impact financier d’une recommandation d’audit au regard du bénéfice attendu si celle-ci était mise en œuvre.

 

 

 

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Commentaires: 3
  • #1

    KABA Sekou Oumar (dimanche, 07 mai 2017 16:19)

    Merci pour votre acceptation

  • #2

    dhifallah hamza (mardi, 26 septembre 2017 23:34)

    merci

  • #3

    youssefelboukri165@gmail.com (mardi, 04 décembre 2018 23:30)

    j ai besoin de quelque source sur la contribution de l audit interne a la performance de l entreprise