Réussir l'entretien d'embauche pour un poste en audit

Penser d'abord à soi avant de plaire aux autres

Quel que soit le métier envisagé, il est nécessaire de s’interroger sur les raisons qui nous conduisent à postuler, au-delà de toute considération matérielle ou financière. Réussir un entretien d’embauche, c’est être capable de dire pourquoi on est là et de convaincre son interlocuteur sur la nécessité d’être face à lui. Cet impératif semble au premier abord évident. Cependant, l’exercice est loin d’être aisé. Avant tout entretien, il est possible de s’entraîner à présenter ses motivations, à faire usage de formules toutes prêtes pour persuader son interlocuteur, à préparer des réponses toutes faites pour anticiper les questions du recruteur. Et ensuite, pour le reste advienne que pourra ! Sauf qu’en se préparant ainsi, on passe à côté de l’essentiel : pourquoi ce poste pour moi ? Il s’agit ici de s’interroger personnellement, et non de devancer une énième question d’un chasseur de tête comme s’il s’agissait d’un piège, pour nous pauvre proie que nous sommes…Se préparant au face-à-face avec un recruteur, on pense bien plus à lui qu’à soi-même. Et pourtant la question de soi est centrale puisqu’il s’agit de se proposer, soi-même donc et personne d’autre, à une fonction. Ainsi, le premier des conseils que je donnerais pour réussir un entretien d’embauche est d’abord de penser à soi avant de plaire aux autres. 

Etre auditeur ou ne pas l'être...telle est la question

Pourquoi donc postuler au métier d’audit ? Qu’est ce qui m’invite à répondre à cette offre d’emploi pour un poste d’auditeur ? Ces questions sont importantes. Attention toutefois à ne pas tomber dans le hors-sujet en y répondant. L’objet n’est pas de se convaincre que l’on dispose de toutes les qualités et aptitudes requises pour exercer en audit, mais de comprendre notre inclination à devenir auditeur. Cette interrogation investit bien plus le champ personnel que professionnel, ce qui est fondamental pour toute démarche d’embauche réussie. En effet, on part bien de soi pour aller vers autres. Prétendre à un poste d’audit commence par un mouvement plus personnel que social. Si tel n’est pas le cas, il est fort à parier que le métier d’auditeur n’est pas le bon choix. Et ce n’est pas l’entretien d’embauche qui nous dira si l’on est fait ou pas pour le métier d’audit, quel qu’en soit le résultat. L’enjeu ici n’est pas de se persuader pour convaincre, mais simplement de se connaître. Et comme dans tout exercice visant la connaissance de soi, il s’agit de se confronter au réel. Appréhender les caractéristiques de l’audit et distinguer les qualités requises pour y exercer sont impératifs pour se savoir auditeur…ou pas. 

Les caractéristiques de l'audit

L’audit est une fonction particulière au sein d’une organisation. S’interdisant toute immixtion dans la gestion des affaires, ne participant à aucune tâche opérationnelle, se refusant à toute délibération, elle intervient pourtant sur tous les métiers. La transversalité est certainement l’un des attributs qui vient immédiatement à l’esprit pour caractériser la fonction d’audit interne. L’auditeur est partout pour ce qui est d’évaluer et de contrôler à condition d’être nulle part pour traiter et décider. Ceci n’a rien de paradoxal, même si cela n’est pas toujours compris, voire raillé, par les responsables opérationnels. Cette distance entre l’audit et les métiers est la condition de l’indépendance et de l’objectivité de l’auditeur.

La transversalité implique également des connaissances générales pour être en mesure d’intervenir sur toutes les fonctions de l’organisation. Cependant, un auditeur ne saurait s’en maintenir à des généralités. Il faut donc bien se spécialiser un peu pour auditer. La-aussi, l’auditeur doit savoir faire preuve de souplesse intellectuelle pour à la fois être généraliste et spécialiste, tout en évitant de sombrer dans une forme de schizophrénie…

La transversalité enfin, oblige à travailler en équipe. L’auditeur, aussi performant soit-il, n’a pas le don d’ubiquité. Même s’il n’est pas question pour l’audit d’être partout en même temps,  avoir pour champ d’intervention toutes les activités, tous les métiers, toutes les directions y compris jusqu’à la gouvernance, implique d’évoluer dans toutes les structures de l’organisation, ce qui est possible à condition d’être en nombre.

Quelques qualités chez l'auditeur...

La transversalité qui caractérise l’audit oblige l’auditeur à disposer de certaines qualités. Celles-ci cependant ne s’apprennent pas, elles se travaillent. La première d’entre-elles est d’être courageux dans l’effort. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, dit-on. Il en va de même à propos du courage au travail. Les efforts d’aujourd’hui servent ceux de demain. Le courage vient avec l’ouvrage. L’auditeur est quelqu’un qui travaille beaucoup et ce rythme s’entretient.

Ensuite, l’indépendance et l’objectivité dont il a été question précédemment et qui représentent des impératifs déontologiques au sens des normes internationales émises par The Institute of Internal,  exigent quelques dispositions d’esprit. Ces dernières s’acquièrent à condition de s’en donner la peine, notamment en s’ouvrant aux autres…tout en restant distant.

Enfin, l’auditeur est une personne refusant les évidences, s’attachant à cerner une chose avec la plus grande des curiosités. On n’avance guère sans être curieux. C’est aussi le meilleur moyen pour échapper aux préjugés, ces gardiens de convictions qui finissent par nous enfermer dans des certitudes. Préjuger est certainement la tare la plus préjudiciable qui soit pour l’auditeur. Fort heureusement, les a priori se dépassent, en audit comme ailleurs…

 


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Commentaires: 1
  • #1

    Mohssine (lundi, 01 janvier 2018 23:57)

    Cet article est très intéressant.