Définition et présentation générale de la macroéconomie

La macroéconomie comme la prose de Monsieur Jourdain

La macroéconomie est comme la prose de Monsieur Jourdain : tout le monde en use sans le savoir. Qui n’a jamais commenté puis expliqué la hausse des prix pour finalement proposer des solutions ? Qui n’a jamais eu un avis sur le niveau des salaires et le pouvoir d’achat pratiqués en général ? Qui n’a jamais pensé que la situation économique était bien meilleure avant, par référence au plein emploi caractéristique des Trente Glorieuses ? C’était mieux avant entend-on. Sauf que cette remarque bien souvent est plus fondée sur des impressions que sur un argumentaire construit. Faire de la prose ne signifie pas savoir en faire. Dire l’économie ne suffit pas à la connaître. On peut très bien en rester là…ou bien aller plus loin. C’est là l’objet de cours que d’identifier ce qu’il y a derrière les mots usuellement employés dans les débats économiques, et aussi d’analyser les effets des politiques économiques. 

 

Une définition de la macroéconomie

 

Commençons par une définition : la macroéconomie est l’identification et l’analyse des phénomènes et forces qui impactent l’économie dans sa globalité, à l’inverse de la microéconomie qui axe ses investigations à partir des comportements individuels des agents. Cette différence ne veut pas dire exclusion. N’oublions pas que l’économie est faite par les hommes, elle ne tombe pas du ciel. Les lois de l’économie sont des productions intellectuelles, culturelles. Voir dans la nature les sources d’une économie est surtout une illusion anthropomorphique…

 

Une des caractéristiques importantes de la macroéconomie est qu’elle s’inscrit dans une relation forte avec la politique. En effet, la macroéconomie s’intéresse à ce qui préoccupe tout le monde : les prix, les revenus, les salaires, l’emploi, la monnaie, les échanges extérieurs, etc…La macroéconomie a également une portée normative, d’où sa dimension politique. Ce n’est pas une science pour dire uniquement ce qui est. Elle ambitionne également de dire ce qui doit être.

 

Mais à quoi sert la macroéconomie ?

 

La macroéconomie est une façon de lire le réel à partir de théories et de modèles pour appliquer celles-ci. La construction théorique peut être fondée sur deux démarches, l’une déductive, l’autre inductive. La première consiste à produire des principes sur base d’intuitions vérifiées ensuite par l’expérience, la seconde s’appuie elle sur des observations empiriques pour identifier des récurrences susceptibles d’être transformées en règle générale. On peut voir dans ces deux démarches une complémentarité. Ou bien estimer que ces deux approches sont totalement hermétiques, ce qui donne lieu à des débats entre d’un côté les théoriciens, de l’autre les empiristes. L’économie comme toute autre science a été traversée dans son histoire, et l’est toujours, par de vives empoignades à propos de la méthode. Le consensus par contre est plus clair sur la nature des objets étudiés, lesquels sont identifiés en macroéconomie comme des variables. Les principaux sont les suivants :

  • le produit intérieur brut (PIB), qui est une mesure de la création de richesses et dont la variation est représentée par le taux de croissance économique ;
  • l'inflation, qui représente la variation des prix ;
  • le chômage, qui exprime la part de la population active sans emploi.

L’étude des variables consiste à comprendre ce qui les fait évoluer et donc les détermine, tout comme il est question d’identifier les impacts de ces évolutions. Finalement, la compréhension des phénomènes macroéconomiques est formalisée au travers de modèles dont l’objet est de synthétiser ce qui est pour ensuite être extrapolé et ainsi permettre d’anticiper ce qui sera.

 

Mais alors qu'est-ce qu'un modèle en macroéconomie ?

 

Un modèle se présente généralement sous la forme d’une fonction représentative d’une relation entre des variables, selon un format mathématique. Il s’agit de décrire ce qui est économiquement de façon universelle. Avec un modèle, l’économiste vise à représenter l’essence d’un rapport entre des variables dans un langage suffisamment général pour ensuite être applicable pour toute situation. La relation étant formellement établie, il est alors possible de faire varier les variables déterminantes pour identifier et mesurer les impacts de ces variations. Le modèle est donc une vision du réel utilisable pour réaliser des simulations, des prévisions. Gouverner, c’est prévoir dit-on. La macroéconomie est devenue ainsi un outil indispensable pour les décideurs politiques, pour à la fois connaître et prévoir.

 

Les modalités de fonctionnement de tout modèle macroéconomique, aussi complexe celui-ci soit-il, repose sur une distinction simple, entre :

  • une variable exogène, dite en « dehors du modèle », laquelle est un élément déterminant impactant l’effet de la relation définie par le modèle ;
  • une variable endogène, dite « dans le modèle », qui est une des variables composant la relation définie par le modèle.

A titre d’exemple, retenons le modèle le plus célèbre de la macroéconomie, soit celui de l’offre et de la demande. Ce modèle nous dit que la demande d’un bien, c’est-à-dire les souhaits des consommateurs pour l’achat d’un bien, évoluera en fonction du prix proposé par l’offre, soit ceux qui vendent le bien en question. Les prix augmentant, la demande serait moins forte, et réciproquement. Le modèle nous dit donc que la demande varie en sens inverse des prix. Par contre, les prix augmentant, l’offre elle va progresser car il sera alors plus intéressant de vendre un produit plus cher. Dans ce modèle, les prix et quantités vendues sont des variables endogènes puisque ce sont elles qui évoluent. Quant à ces évolutions, elles sont liées à des variables exogènes, comme par exemple les salaires. Les rémunérations étant plus conséquentes, les consommateurs disposent de plus de pouvoir d’achat, d’où une demande plus forte. Si l’offre elle n’augmente pas, les prix par contre progresseront.

 

Il est possible de schématiser le modèle et les variables qui le caractérisent de façon suivante :

 

La macroéconomie pour décrire le réel

 

La macroéconomie, avec les modèles, vise à décrire l’essentiel. Il est question de simplifier ce qui est, sans pour autant tomber dans la simplicité. C’est là toute la difficulté de l’exercice. Les modèles sont parfois contestés, présentés par certains comme bien trop simplificateurs d’une réalité ô combien complexe. Ne perdons pas de vue que la macroéconomie a pour ambition d’étudier et d’anticiper les relations humaines et leurs effets…Autant dire que la tâche est immense et ne saurait être exonérée d’approximations, de détours, d’hypothèses, donc de prises de risque conceptuelles. Autant dire également que la macroéconomie n’en a jamais fini avec ses objets d’étude, et c’est tant mieux ! C’est bien là ce qui la rend passionnante.

 

 

Retour à l'accueil

Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    Khadija (jeudi, 09 février 2017 12:57)

    Merci

  • #2

    mejri adel (vendredi, 10 février 2017 09:01)

    merci....explication ausssi simple que possible, mais pas simpliste