L'audit interne acteur de la performance environnementale et sociétale

La RSE, nouveau levier de performance des organisations

La responsabilité sociétale et environnementale (RSE) des organisations est aujourd’hui une préoccupation majeure en matière de gouvernance. Depuis les accords de Grenelle signés en France, les entreprises cotées et celles dont le chiffre d’affaires excèdent 100 millions d’euros en employant  plus de 500 personnes, ont des obligations de reporting extra-financier concernant leurs pratiques sociales et environnementales. Mais au-delà du simple respect des textes légaux, la RSE est désormais un véritable enjeu stratégique. Les considérations environnementales sont en effet de plus en plus présentes dans les choix des consommateurs et maintenant des investisseurs. La rentabilité économique des activités et le rendement des capitaux investis ne sont plus les seuils indicateurs révélateurs de la performance d’une organisation. La façon et les conditions dans lesquelles une entreprise réalise son chiffre d’affaires et son résultat net sont dorénavant scrutées comme le sont les données comptables. Cependant, ne soyons pas dupe ! Le développement durable n’est pas encore au centre des impératifs financiers. Mais les évolutions réglementaires obligeant les organisations à être à la fois plus respectueuses de leur environnement, tant interne qu’externe, et transparentes sur leur RSE, conduisent d’ores et déjà à des changements de mentalité laissant augurer une économie plus respectueuse de l’humain, plus propre, moins énergivore.

 

L'audit interne et la RSE

 

L’audit interne, en s’assurant que les risques sont maîtrisés dans toutes les strates de son organisation, s’intéresse de fait à la performance. Performer nécessite de prendre des risques, lesquels ensuite sont à manager. Avec la RSE, l’efficacité n’est plus seulement financière. L’audit interne doit donc désormais intégrer dans ses travaux des points de contrôle ayant trait aux aspects sociaux et environnementaux. Il pourra le faire dans le cadre d’une mission dédiée à ce sujet, selon une fréquence annuelle, pour s’assurer que le reporting extra-financier de son organisation est conforme à la réalité des efforts consentis et des actions initiées. Mais au-delà de la seule conformité, la RSE étant dorénavant un levier de performance, les auditeurs ont tout intérêt à adopter une démarche proactive en intervenant en amont de la production des données extra-financières. Autrement dit, l’audit a capacité à devenir lui aussi acteur de la RSE et non pas seulement un observateur, à condition bien-sûr de préserver son indépendance.

 

Les directives EHS de l'IFC comme référentiel pour l'audit interne

 

Pour engager une démarche active à propos de la RSE, l’audit interne pourra se référer aux directives environnementales, sanitaires et sécuritaires (EHS) émises par la Société Financière Internationale (IFC) du Groupe Banque mondiale. Cette institution a en effet produit un référentiel faisant état des bonnes pratiques internationales sur la prise en compte par les organisations des questions environnementales et sociales dans leur projet d’investissement technique. L’IFC recommande ainsi que le développement des installations et l’ajustement des processus en conséquence s’inscrivent dans le respect de directives EHS. L’auditeur interne trouvera dans ces préconisations des éléments d’appréciation sur l’aptitude de son organisation à être performante sur un plan environnemental et sociétal au regard de ses investissements et des projets qui les suportent. De fait, l’audit sera ici en amont du reporting extra-financier et ainsi sa contribution ne sera pas exclusivement réservée à des impératifs de conformité. Les recommandations énoncées par l’IFC sont principalement et synthétiquement les suivantes :

  • identification des dangers et des risques environnementaux, sanitaires et sécuritaires dès la conception d’une installation ou de la définition d’un projet ;
  • appel à des spécialistes des sujets EHS pour permettre à l’organisation de disposer de toutes les compétences requises afin d’évaluer les risques environnementaux et sociaux, et aussi leurs impacts du fait de la nouvelle installation ou du projet. L’étude des effets concerne tout autant les collaborateurs, la population avoisinante, l’environnement ;
  • objectif stratégique de réduction des risques sur la santé humaine et l’environnement pour tout changement technique d’ampleur ;
  • préparation des collaborateurs et de la population avoisinante si nécessaire afin de leur permettre de faire face à des accidents.

 

Évaluant, donc conservant son indépendance, l’application par son organisation des bonnes pratiques édictées par l’IFC, l’audit interne se positionnera en amont du reporting financier et ainsi ne se limitera plus aux seuls contrôles de conformité en matière de RSE.

 

 

Pour aller plus loin :

 

Formation e-learning "Audit interne et externe de la production"

 

Formation e-learning "Audit interne et externe des investissements"

 

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