Exploiter la méthode ABC pour auditer

De l'imputation classique des charges indirectes à la méthode ABC

Les méthodes de calcul des coûts ont été adaptées au fur et à mesure des évolutions organisationnelles et de la complexification de l’économie. La répartition classique des charges indirectes sur base des volumes produits est devenue moins pertinente eu égard l’accroissement des services accessoires aux produits et autres prestations hors production. Ainsi, les contrôleurs de gestion ont révisé leur appréciation des charges de l’organisation pour les imputer au coût des produits. La méthode ABC – Activity Based Costing – s’est inscrite dans ces évolutions analytiques destinées à produire des mesures et des indicateurs plus fidèles à la réalité. Même si ces changements présentent toujours une certaine complexité quant à leur mise en œuvre et des ajustements parfois lourds en matière de système d’informations, ils apportent indéniablement un éclairage pertinent pour l’exercice décisionnel. De plus, la qualité informationnelle imputable à la méthode ABC ne profite pas qu’aux décideurs. Elle concerne aussi les fonctions de l’organisation qui sont consommatrices de données de gestion, dont l’audit interne. Les auditeurs ont donc tout intérêt à exploiter les apports de la méthode ABC. Ils pourront s’y référer de manière transverse, de la même façon qu’ils le font avec la cartographie des risques.

 

Une présentation de la méthode ABC

 

La méthode ABC repose sur le principe suivant : les produits et les services proposés par l’organisation à la clientèle sont consommateurs d’activités. Celles-ci correspondent à une ou plusieurs tâches regroupées par processus. Ainsi, on distinguera pour l’essentiel les process « approvisionnement », « fabrication », « commercialisation », chacun étant composé d’activités concourant à la réalisation d’objectifs. On trouvera par exemple l’activité « Commander les achats » dans le process « approvisionnement ». Les charges comptabilisées sont ensuite affectées par activités et non pas par centre d’analyses comme dans la méthode classique. Ces modalités d’imputation permettent une prise en compte du poids croissant des éléments hors production pour les mesures de rentabilité. Elles rendent également mieux compte de la transversalité des processus dans la structure financière. En effet, les process de plus en plus utilisés pour différents produits et services afin de mutualiser les coûts, tout comme ils concernent des fonctions supports dont les missions relèvent de l’ensemble de l’offre commerciale proposée par l’organisation.

 

L'intérêt pour l'auditeur d'exploiter la méthode ABC

 

En plus d’améliorer la qualité de l’information, la méthode ABC exige une démarche d’identification des process et des activités employés. Ce recensement, sous forme d’une cartographie, représente une source de documentation appropriée pour l’auditeur. Premièrement, elle porte sur toutes les activités de l’organisation. Ce caractère d’exhaustivité intéressera l’audit interne, à la fois pour l’établissement du planning annuel d’interventions que lors de chaque mission dans le cadre de la revue des process employés par le métier audité. Ensuite, avec la méthode ABC, chaque activité est valorisée en termes de coût unitaire pour être affectable aux produits et aux services à partir de clés de répartition désignées inducteurs de ressources. Cette valorisation concernera également l’auditeur en le renseignant sur la contribution de chaque process à la valeur ajoutée de l’organisation. Elle lui permettra notamment d’apprécier plus finement l’impact financier de ses recommandations éventuelles, donc d’être à son tour contributeur de performance.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    BAH Yaye (vendredi, 16 juin 2017 10:08)

    Merci beaucoup pour ce article. Est il possible d'adapter cette methode dans une ONG. Nous avons souvent deux modele (entreprise conmerciale ou de production). Pour une OMG les ressources sont souvent disponible mais utilisation optimal est de rigueur et l'obtention pour toucher un maximum de beneficaire.